On quitte le gîte en traversant le parking qui dès le matin se remplit… Il vaut donc mieux partir tôt pour éviter les foules. Les 4 premiers kilomètres sont un boulevard, qui est manifestement emprunté par des hordes de promeneurs qui vont piqueniquer au lac d’Oô. On monte d’environ 350m, sur un large sentier ombragé, sans aucune difficulté.
Le lac d’Oô, bien connu des cruciverbistes, est superbe : une grande cascade l’alimente, et il est bien tentant de paresser quelque peu sur ses rives… Malheureusement, il n’y a pas beaucoup d’endroits pour se prélasser, il n’y a quasiment aucun replat et relativement peu de rochers sur lesquels s’asseoir. Le bivouac est hors de question, il n’y a nulle part où poser une tente. Notons qu’il y a là un refuge (qui n’accepte pas les cartes de crédit).
Dès 11h, des hordes de piqueniqueurs arrivent, et le randonneur qui aime bien la solitude doit décamper. On dépasse le lac en le longeant par sa rive Est, en s’élevant assez rapidement. Le sentier, généralement bien délimité et marqué, décrit des lacets avec des départs de sentiers dans les coins qui peuvent parfois prêter à confusion : notamment, il en est un où l’on est tenté de continuer tout droit mais on se retrouve dans un pierrier sans issue. Bien garder les yeux sur le marquage.
On monte pendant à peu près 3 km, la pente est assez raide (ce qui permet une sélection entre les randonneurs et les promeneurs) mais sans aucune difficulté. Arrivé à un gros rocher en forme de pot à tabac, le GR10 part vers le Nord ; si l’on veut profiter du lac d’Espingo et du lac Saussat, on continue encore quelques centaines de mètres vers le sud pour passer le Col d’Espingo, où l’on trouve le refuge du même nom.
Le premier lac alimente la cascade d’Oô ; le second alimente le premier par un petit bras que l’on traverse par une passerelle. Le second, le lac Saussat, offre de nombreux replats où l’on peut s’allonger pour profiter du paysage, poser sa tente (malgré le panneau l’interdisant par arrêté préfectoral) pour un bivouac dans un site spectaculaire, voire se baigner, pour les courageux, le lac étant assez profond pour plonger depuis un rocher.
Pour ceux qui veulent bivouaquer, il vaut mieux attendre que le soleil commence à se coucher et que les randonneurs commencent à se raréfier avant de planter sa tente : la discrétion est de mise, compte tenu de la proximité du refuge. Pour ceux qui veulent continuer (on n’a parcouru que 8 km depuis les Granges d’Astau), on peut contourner le lac par sa rive Ouest, puis grimper le long du torrent qui dévale la pente vers un deuxième lac, caché au creux du cirque à 2100m, où l’on peut également bivouaquer, puis sur un sentier assez vertigineux vers le Col du Portillon. Là le sentier se perd dans les rochers et les névés, mais le replat permet de continuer facilement, sans aucune difficulté d’orientation puisque l’on voit le refuge du Portillon qui est maintenant tout proche. Les derniers mètres avant le refuge doivent être escaladés.
Le lac du Portillon offre un paysage grandiose, un cirque alpin dont les parois sont couvertes de névés et de glaciers. Des plaques de neige flottaient encore à la surface du lac début juillet – si le bivouac est donc possible autour du refuge (des emplacements sont même délimités pour les tentes), il faut donc prévoir l’équipement contre le froid, puisque l’on est quand même à près de 2600 m.
Sans sac et en courant sur les replats, j’ai fait l’aller-retour du lac Saussat au refuge du Portillon en un peu plus de deux heures. Avec sac, c’est donc peut-être un peu juste (mais faisable) pour monter jusqu’à ce refuge puis redescendre dans le cirque d’Espingo en une journée. Mais c’est dommage de ne pas monter jusqu’au Portillon qui est un endroit vraiment superbe.
Recommandation : si l’on est équipé pour le bivouac, passer la nuit au bord du lac Saussat – au soleil couchant, les rapaces rejoignent leurs nids dans les rochers et offrent un beau spectacle dans un cadre exceptionnel. Sinon, passer la nuit au refuge du Portillon si l’on n’a pas peur d’une assez grosse journée le lendemain jusqu’à Superbagnères ; si l’on préfère se ménager le lendemain, rester au refuge d’Espingo, mais on risque de rester un peu sur sa faim car cela fait une étape très courte.
Parcours :
Trace GPS: GPX - TCX
(Trace issue de relevés jusqu’au refuge du Portillon)
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